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 You have Wings - [PV June & libre...

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Seven

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MessageSujet: You have Wings - [PV June & libre...   Ven 27 Avr - 22:22



    Sourire comme si tout allait bien, c'est encore ce qu'il sait le mieux faire.« Y paraît que le temps passe. Moi, j'crois qu'il trépasse plutôt. Y a qu'à voir, la logique implacable : le monde ne tourne plus rond et pourtant la terre tourne en rond. Tu suis ? C'dingue comme ce qu'on peut nous apprendre paraît con maintenant. » Il lève les yeux vers son interlocuteur. Ses beaux yeux bleus. Un vague sourire se dessine sur ses minces lèvres. Lèvres légèrement bleuies par le froid étonnant pour la saison. Il faut dire que le soleil ne s'est pas encore levé et que la pluie tombe à torrent. Son interlocuteur ? Un zombie. Ou, plutôt ce qu'il en reste. Seven a le pied sur sa joue, lui enfonçant la tête dans la boue. (D'accord, il avait légèrement triché, quelqu'un étant passé par là un peu avant lui. Néanmoins, le 'cadavre' bien que peu bavard, était une oreille plutôt attentive.) « Tu comprends ? » Un râle en guise de réponse. « C'est tout ce que tu as à me dire ? J'te pensais plus... Causant. Bah. Dommage pour toi. » Il se redresse et appuie de toutes ses forces sur ce qu'il reste de crâne à la créature, qui explose littéralement. Pas que notre jeune dingue soit bien lourd, simplement, il y allait un peu fort. Pour le fun.

    Bon, passons au véritable récit si vous le voulez bien. Après avoir longtemps erré dans les rues de... On-ne-sait-trop-où, Seven avait fini par remarquer les traces- plutôt fraîches- d'une forme de vie encore humaine -peut être plus pendant longtemps !- Alors, comme un bon pisteur -qu'il n'était pas-, il s'était mis en tête de retrouver l'auteur de ces marques, de remonter jusqu'à lui et... Et rien en fait, il voulait simplement s'assurer qu'il n'était pas seul. J'entends par là : véritablement seul. Un peu comme seul au monde.

    Ellipse. Le jour a fini par pointer le bout de son nez. Il est 9h A.M. Le ciel est encombré, mais la pluie a cessé. Effaçant à son passage toute trace de vie. Et ce monde déjà mort s'éveille à son tour. Seven ? Il court. A en perdre haleine. Depuis l'aube de ce jour interminable. Depuis des heures. « Merde, merde, merde ! ». Il file. Son passage n'est qu'une ombre, une silhouette pratiquement désarticulée. Son agilité est sans faille, il se faufile dans les ruelles, saute sur le toit des voitures, escalade les clôtures. Il se surprend même, faisant preuve d'une incroyable endurance. Il court. Il vole peut être aussi, au-dessus des rôdeurs. Il se sent plus puissant qu'eux, ils ne l'effraient pas, il est si fort. Si dangereux. Le danger vient de derrière.
    Il court. Il sent une meute enragée sur ses talons. Une meute ? Pas exactement. On le poursuit. La fin, maintenant ? Non, c'est trop tôt ! Il cherche à comprendre, à se souvenir. Pourquoi ? On dirait qu'ils s'amusent. Distraction ? Mais oui, c'est un jeu. Un simple jeu. Il n'est pas à bout de force, il ne capitule pas, même si son cœur lui semble au bord de la rupture. Pourtant, il s'arrête. Brutalement et fait volte face. Personne. Personne?

    Silence maintenant. Seven respire, à fond. Naughty boy. Son souffle saccadé lui brûle la gorge et lui abime les poumons. Son visage est légèrement creusé, blanc, livide, écorché par endroit. La sueur perle sur son front. Malgré quelques vilaines cernes sous les yeux, il garde un air d'ange. Ses cheveux en bataille ajoute une touche d'homme-enfant. Il semble rester pur malgré le sang qui le recouvre. Pur ? Pur de quoi ? Il tue, il vit. Mais il semble rester innocent, étranger à ses actes. Il n'a ni sang sur les mains, ni tâche sur la conscience. Il n'a pas de conscience.
    Ce n'est en fait que le début d'une nouvelle journée qui commence, identique à toutes les autres. Une journée sans histoires au fond. La terre était elle encore ronde ? Et le ciel encore bleu ? Malgré la douleur, la fatigue, malgré l'espace temps, malgré ses mouvements, le silence était là. Silence de mort. Silence meurtrier. En vérité, il les entend arriver. Ils approchent, ils vont l'encercler. Et l'adulte qu'il devrait être leur sourit... Comme un gamin le soir de Noël.

    "- Hé, le dingue, t'as fini de courir ! - Pas trop tôt... - T'as quelque chose qui nous appartient je crois..." « Oui. Oui, je crois aussi. Désolé les mecs, j'l'ai déjà englouti votre pain. Disons que j'vous trouverai quelque chose en contre partie ! » Des rires gras, des voix pâteuses résonnent. "Tu te fous de notre gueule un peu non ?" « Moi ?! Je n'oserais pas... » "J'vais m'le faire." Interruption. Des bruits maladroits. Des rôdeurs. Seven éclate de rire. Diversion. La diversion rêvée, tout simplement. Les cadavres chargent. Mais Seven ne combat pas, plus concentré à fuir. Prudence ? Instinct. Premières détonations, en direction des 'monstres'. Ne pas renoncer, reprendre la course, ne pas ralentir. Nouvelles détonations, en sa direction. Il n'hésite plus, il court, comme jamais. Se défendre ? Se battre ? Survivre ? Non, vivre. Il n'a pas fini de s'amuser. Les balles sifflent à ses oreilles, sans pour autant l'atteindre. « Raté... » Ah, si, une, logée au creux de son omoplate droite. Ça va guérir. Non sans une grimace, il ralentit. Tourne la tête vers son agresseur. Lui sourit. « Je te retrouverai. » Paroles en l'air ? Promesse ? Peut être. Mais prononcées avec une folie telle qu'on pourrait les croire vraies. Je viendrai hanter tes nuits... Et sa course reprend. Son cœur tambourine dans sa poitrine. Mais il finit semer ses poursuivants, rôdeurs comme hommes. Il disparait au coin d'une rue. Pfout. Envolé.

    Croisez des survivants, ils chercheront à vous tuer. Une petite voix résonne dans son esprit tourmenté. Celle qui vous dit: tu l'as bien cherché. Celle à laquelle il répond vaguement: Oui, carrément, j'l'ai bien trouvé aussi. C'était cool en fait. Seven s'assoit à même le sol, au bord d'une immense flaque d'eau. Il est en hauteur, sur le toit de ce qui fut certainement un stand de tir. Mais il n'y a plus rien, si ce n'est de vieilles cibles défraichies. Il est en hauteur oui, mais protéger par une espèce de grande toile tendue au-dessus de la structure. Elle devait servir à protéger l'attraction de la pluie, autrefois. Aujourd'hui, elle le protège lui, du regard des rôdeurs trop idiots pour lever les yeux. Il trempe son tee shirt dans l'eau et se l'appuie violemment sur sa blessure. Elle ne doit pas s'infecter. C'est tout ce qui le préoccupe. Il semble d'ailleurs très concentré sur ce qu'il fait, paupières mis-closes, visage blanc et inexpressif. Mascarade ! Il entend très bien les bruits de pas qui se rapprochent. Mais se fiche d'être trouvé perché là haut, à moitié nu, pratiquement dissimulé dans sa cachette sombre. D'ailleurs, ses yeux s'ouvrent brutalement, presque trop rapidement pour être humains, et se fixent directement sur cette silhouette. Un ordre ? Une requête ? Ni l'un, ni l'autre. Quelque chose de plus... fou ?

« Hey... monte. »

X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X


Il est consolant de penser que si la folie ne gagne rien au contact de la raison, en revanche, la raison s'altère au contact de la folie. “ I mean he’s sensitive, people bully him, too, and he feels lonely and hasn’t got anybody to talk to, and he’s not afraid to show his feelings and cry! ”


Dernière édition par Seven le Sam 28 Avr - 20:04, édité 1 fois
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June

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MessageSujet: Re: You have Wings - [PV June & libre...   Sam 28 Avr - 17:16

Un sifflement rompt le silence des rues. Silence? Devrais-je dire bruit de fond incessant, grouillement de grognements sans fondement? Sans doute. June marche dans Knoxville, ça a plutôt l'air d'un lieu calme. Le clan s'est arrêté non-loin la nuit dernière, alors elle en profite pour aller se promener ce matin, en espérant trouver des choses intéressantes? Des zombies, certes, mais surtout de la nourriture ou un survivant à piller. Cette attitude ne lui était pas vraiment propre, au fond, voler pour s'en sortir et laisser crever les autres, ça pouvait paraître cruel. Mais aujourd'hui c'était la loi du plus fort, elle le savait, et elle s'y était faite.

Ainsi, ses pas sont accompagnés d'une démarche légère, sans doute un peu trop pour une situation comme celle-ci. Mais ne vaut-il pas mieux de se réjouir des moindres choses, quand le chaos règne partout, quand le monde lui-même ne sait plus où il en est? Son fusil d'assaut posé et tenu fermement sur son épaule, elle déambule en sentant le jour se lever. Le soleil ne se montrera pas pour autant; le ciel est gris, s'il n'est pas noir. La pluie ne tardera pas.
A peine y avait elle pensé que les gouttes d'eau commençaient à s'abattre sur le bitume. Sans un changement d'expression, elle laisse glisser l'arme à feu portée en bandoulière. D'un geste elle rabat la capuche de sa veste orangée sur sa tête, et glisse ses mains dans ses poches.

Tourbillon de pensées, attitude hermétique, la voilà dans sa bulle. Le genre de choses à éviter quand les rôdeurs sillonnent les rues et n'ont rien bouffé depuis des jours... La pluie qui martèle le sol ne permet pas une ouïe parfaite, et son inattention la rend vulnérable. Tête baissée, elle se sent comme submergée.

Le monde, la Terre, l'humanité? A quoi bon. Tout se casse la gueule. C'était déjà foutu avant cette épidémie à la con, mais là... C'est ça, qu'ils appelaient l'apocalypse? Des jours et des jours de flotte, au mois de juin? Des rues désertes, des baraques ensanglantées, des boutiques moisissantes? Et pire encore, des prédateurs de l'espèce humaine? Mais en y repensant, la zombification avait déjà opéré avant. Ils sont juste lobotomisés par un virus, tous le même, qui les a quelque peu transformés. N'est-ce pas ce que la société faisait de nous? La publicité, tout ça, les médias, même la musique et toutes les émissions à la télé, c'était un virus à retardement. Les rôdeurs doivent manger, nous, on devait consommer. Ouais, c'est un peu le même principe...

Elle heurte un corps, relève la tête. Oh, merde, encore un de ces déchets ambulants... Ses réflexes semblent réapparaitre, l'instinct de survie repointe, la lueur dans ses yeux bruns n'est plus terne et désabusée. June recule, replie sa jambe et envoie un chassé dans la cage thoracique du cadavre animé. Au milieu d'une rue, ainsi, il tombe mollement par terre, sur le dos. Avant qu'il ne se relève, la jeune femme attrape une poubelle de fer qui trainait au coin de la rue, et la soulève légèrement pour la jeter plus fort sur la tête du corps affalé sur les pavés trempés. Le bruit est infernal, à chaque fois. Une pression, le crâne explose, les grondements affamés s'arrêtent. Elle soupire, passe une main dans ses cheveux et replace la capuche sur sa tête. Son sifflement s'est stoppé. Ses pas, aussi. Elle est là, tout près de ce qui semble être un... Parc d'attractions, une fête foraine? Qu'importe.

La pluie semble arrêter peu à peu de couler de ce ciel meurtris. Sans empressement, elle reprend sa route, replaçant les mains dans ses poches, dirigeant ses pas vers le parc. Cette fois elle ne se laisserait pas déstabiliser par ces pensées clandestines, ces idées nostalgiques mais pas trop qui l'empêchent de se concentrer.

Elle passe les grilles, et perçoit alors des paroles, sans les comprendre, mais, ce sont des sons humains. Elle croit avoir halluciné, mais pose la main sur son arme et longe les murs avec prudence. La vie était devenue une espèce de chasse à l'homme, avec des cibles doublées. D'une part, les rôdeurs qui devenaient dangereux en groupe, et de l'autre, les autres survivants qui parfois n'étaient pas tous très pacifiques; tout comme le clan de June.
Se fiant à ses oreilles pour s'approcher et observer, elle parvient à rattraper le groupe, qui d'ailleurs est lui-même en mouvement. Ils semblent courir après quelque chose, vociférant des insultes et des menaces. L'individu concerné fuis, et court à une vitesse hallucinante. Un coup de feu; sa course ne s'interrompt pas. Elle se plaque contre un mur alors que le groupe détournait son attention sur un groupe de rôdeurs. Un groupe de rôdeurs. Oh, non!
Les premiers fracas de combat retentissent; c'est le moment de filer. A cet instant, elle aurait sans doute voulu avoir opté pour une veste noire plutôt qu'orange, histoire de pouvoir être discrète à l'heure actuelle... Tant pis! Elle court. Ses pas semblent exploser dans les flaques, mais grâce aux rôdeurs, ces bruits sont vite estompés. Le groupe de survivants ne la remarque pas, et c'est peut-être mieux comme ça. En y repensant, elle aurait sans doute agit différemment si elle en avait eu le temps; rendre la balle lancée sur le fuyard à celui qui l'avait tirée. Mais pas de temps, et surtout pas de munition à perdre.

Sa course dure un certain temps, assez pour réchauffer son corps qui avait subit la pluie froide. Ses jambes sentaient une force nouvelle depuis toutes ces cavaleries diverses, et son souffle de fumeuse semblait s'améliorer avec ces entraînements forcés. Cela ne changea pas l'impression douloureuse qu'elle avait que le sang brûlait dans ses veines. Le type qui fuyait devait avoir de sacré capacités physiques. Elle marcha alors simplement, reposant son fusil d'assaut sur son épaule, le doigt sur la détente. Lorsqu'on est à bout de souffle, mieux vaut être prudent, n'est-ce pas?
Mais alors qu'elle ne s'attendait qu'à entendre la brise siffler à ses oreilles, une voix l'interpella, d'en haut.

« Hey... monte. »

Un ordre? Une suggestion? June préféra le voir comme une sorte de demande sur un ton impératif. Elle distinguait de là où elle était une masse de cheveux blonds dérangés; les mêmes qu'elle avait perçu s'enfuir avec le corps qui devait leur être assigné. Sans un mot de plus, la brune s'élança à la recherche des escaliers, et finit par débarquer sur le toit où elle put enfin voir de plus près la silhouette.
A l'abri des regards, il se tenait à l'ombre d'une sorte de bâche tendue là, pour protéger des intempéries sans doute. Ingénieux; personne ne pouvait le voir là où il était. La jeune femme ne s'avança pas plus loin, laissant son souffle encore légèrement haletant se remettre à son rythme normal. Elle gardait ses yeux sur lui, restant à plusieurs mètres. Quoi, ça ne se faisait pas? Est-ce qu'elle a vraiment l'air de s'en soucier? Est-ce que, de toute façon, aujourd'hui toutes ces conventions sont d'usage? Bien. Alors laissez la rester plantée comme un piquet pour réfléchir à ses actes! L'impulsivité, oui, la stupidité... Moins.
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MessageSujet: Re: You have Wings - [PV June & libre...   Sam 28 Avr - 21:04



    Son regard, captivant, attractif semble percer à jour autrui. Il lit en toi, comme dans un livre ouvert. Il n'a pas de pupilles, mais des scalpels qui te dissèquent vivante. Deux beaux scalpels noirs, tâchés de sang. Il est vrai que ses yeux sont juste magnifiques, d'un bleu azur dans lequel se reflète le ciel gris. Il y aurait beaucoup à dire. Ils sont à la fois vifs et rieurs, tout en gardant une part de nostalgie presque mélancolique. Ou triste tout simplement. Tant d'émotions y règnent qu'il t'es alors impossible de savoir laquelle est dominante. Pour tout avouer, lui-même l'ignore. Mais qui ça pourrait intéresser ? Il se sent d'ailleurs observé également. N'était-ce pas lui qui le voulait ? Si. Il le veut. Il veut qu'on le regarde, qu'on le voit, pour se souvenir qu'il n'est pas encore devenu un zombie. Tout passe par le regard, dans un premier temps. Alors, laissons le silence planer, veux tu ? Elle ne semble pas contre, puisqu'elle reste muette, à bonne distance de lui. Elle semble essoufflée également. Serait-elle tombée sur les abrutis de tout à l'heure ? Surement. Et après ? Elle est encore entière, elle, dans sa grande veste... Orange. Elle n'a plus rien à craindre d'ailleurs, ici, avec lui. Il en est persuadé et il a certainement raison.


« Approche, on va éviter d'être repéré. »


    Sourire. Grand sourire. Confiant et engageant. Pas de crainte, n'aie pas peur. Il ne mord pas. Pas encore. Une fois contaminé, par contre... Ainsi, son regard se fixe sur les pieds de la jeune femme. Puis, remonte lentement vers son visage, sans pour autant s'attarder sur sa poitrine -s'il te plait-. Elle est jolie. Jeune et jolie. Jeune, jolie et armée. Son sourire diminue doucement, pour ne devenir qu'un vague souvenir. Souvenir... Quelque chose en lui dit : tu l'aimes déjà. Oui, il a adopté la demoiselle, d'un regard. C'est idiot, mais c'est Seven. C'est un peu fou quoi. Lui ? Mal dans sa carapace de chair, il a appris la solitude. A l'adorer, de force. Les autres ne semblent pas l'aimer. Ne semblent même pas le voir d'ailleurs. Il est transparent. Transparent et épié tout à la fois. Mais à l'instant présent, il ne se sent pas regardé avec mépris ou raillerie. C'est pour ça qu'il sait qu'il va aimer la jeune femme. Peu importe son caractère, il s'adaptera. Puis... Elle a un joli nez, de petits yeux noisettes encore brillants. Un peu comme lui. Lui et son teint livide. Il n'est pas dans sa tombe. Pas encore. Mais c'est tout comme. La blancheur d'un cadavre pour un homme sans histoire. Sans passé. Même lui a préféré fuir. Soit. Alors, je prendrai celui des autres. Silence. Chut.
    Comme tiré de ses pensées, après un interminable silence, Seven cligne des yeux et secoue la tête. Il serre, entre ses doigts, son tee-shirt, toujours en place sur sa blessure la plus récente. Il sent d'ailleurs que sa vieille cicatrice s'est rouverte par endroit. Ça tire. Ça brûle. Il grimace de douleur. Mais même à l'agonie, il reste beau. Car quiconque sourit est beau. Et son sourire, à lui, semble encré sur ses lèvres. psychopathe. Il baisse le nez vers le sol, avant de le tourner vers son omoplate. Il relève de tissu et regarde vaguement la blessure. Il sent qu'elle n'est pas profonde. La balle n'est pas enfoncée bien loin. Si j'osais...

    Il ose. Doucement, il fait glisser ses doigts sur sa peau avant de venir, avec son ongle, agrandir le petit trou de chair qui le fait tend souffrir. La douleur lui noue la gorge. Lui prend les tripes. Il se mord la lèvre inférieure. Son souffle est saccadé. Il enfonce son doigt dans la peau jusqu'à atteindre la balle. Elle semble noyée dans le sang. Puis, du bout de l'ongle, il extrait l'objet métallique. Il le jette au sol et étouffe d'ailleurs un gémissement au fin fond de sa gorge. Douleur. Brûlure. Fatigue. Essoufflement. Déchirement. J'ai mal. Morsures, déchirures, hurlements, sang. Carnage. Dans tout son corps. On pourrait le dépecer vivant, ça reviendrait au même. On pourrait croire qu'il tourne de l'oeil. Sa peau, le sang, son regard dans le vague, fixé sur la flaque d'eau. Non, pas du tout. Comme s'il se réveillait d'un long sommeil, il relève les yeux et sourit à la demoiselle. Un sourire d'enfant, un peu innocent. Sourire d'ange. Ange aux doigts couvert de son propre sang. Il baisse le nez, essuie son sang et trempe son tee-shirt dans l'eau. Maigre nettoyage. Mais suffisant. Il le fait oui, à une vitesse dingue, en quelques instants. Comme s'il devait fuir quelque chose. Ses gestes lents deviennent mouvementés, cadencés. Il essore le bout de tissu et le pose sur ses genoux. Silence.

    Il sait que ce qu'il vient de faire n'est pas très digne. Pas très présentable. Peut être insupportable même pour certains. Mais il le fait pour vivre. Il ne se souvient de rien mais c'est comme s'il savait depuis toujours comment faire. Chut. Il se tait et regarde la jeune femme. Il n'attend rien. Ne veut rien. Ne demande rien. Juste une présence. De femme. Ce qui semble lui manquer. Il a les gestes, les réflexes, l'instinct, le courage, le culot nécessaire. Pour survivre. Vivre. S'amuser. Mais y a comme un vide. En lui. Là où son cœur tambourine, pour lui rappeler qu'il est vivant. Sadique organe. Dur retour à la réalité. Tu es fou ! Chut, je sais. La pensée devient glace lorsqu'elle se traduit en mots, alors Seven reste encore silencieux. Les seules paroles prononcées jusqu'à présent étaient sèches. Réparer cette erreur. Nouvel objectif.

« T'es nouvelle dans l'coin, toi. »

    Tout lui échappe. Chaque situation devient catastrophe. Mais là, c'est différent. Il le veut différent. Et il sait qu'elle n'est jamais vraiment venue ici. Il le sait, car il rôde dans les environs depuis quelques temps maintenant. Le monde est grand pourtant. Sourire. Confiance. Optimisme. Yeux pétillants. Il frissonne, le sang perlant dans son dos le chatouille. Mais il l'ignore. Ça ne guérira pas. Alors, il sourit. Mascarade!


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Il est consolant de penser que si la folie ne gagne rien au contact de la raison, en revanche, la raison s'altère au contact de la folie. “ I mean he’s sensitive, people bully him, too, and he feels lonely and hasn’t got anybody to talk to, and he’s not afraid to show his feelings and cry! ”
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MessageSujet: Re: You have Wings - [PV June & libre...   Lun 30 Avr - 18:11

Le vent souffle, balaye ses cheveux bruns trempés, qui se collent sur ses joues. Sa main les replace, machinalement, dans une action vague. Ses yeux, eux, ne divergent pas. Ils semblent plantés droit sur la silhouette, cherchant leurs deux points symétriques. Quelques mots, elle approche, sans dé-serrer ses doigts autour de l'arme appuyée sur son épaule. Pas craintive, mais prudente. Ses pas sont droits, assurés, ni rapides ni lents; le temps est subjectif.
Enfin, sa recherche aboutit. Enfin, la lueur ambrée de ses prunelles capte l'azur des yeux de ce blond au ton de voix apaisé, à l'attitude particulière. Une seule expression trônait dans son esprit: Pourquoi? Pourquoi l'avoir interpelée, elle, alors qu'il venait de risquer sa peau auprès d'autres survivants? Mais mieux encore... Pourquoi n'agissait-elle pas comme elle l'avait apprit au début de sa route avec son clan? Piétine les autres, prends ce qu'ils ont, et vas-t-en, sans te retourner. Si ils te retiennent, tu tire, c'est tout.
Mais ce jeune homme, cependant plus vieux qu'elle à vue d'oeil, n'avait pas l'air de transporter grand chose. Pas grand chose à part ces iris scintillants, spéciaux, profonds, et des pensées qui devaient sans doute être à la hauteur de ces yeux. Ne dit-ont pas qu'ils sont les miroirs de l'âme?

Elle l'observe, sans dire un seul mot. Son visage n'affiche aucune expression, jusqu'à ce qu'un sourire se dessine sur les lèvres du blond. Elle ne peut pas l'empêcher; sa bouche s'étire pour y répondre. Réflexe nerveux, humain? Il la parcourt de haut en bas, avec cette demi-lune accrochée au bas de la face. June s'assied. A même le sol, au sec, sur le béton, en tailleur. Il lui semble qu'elle n'a pas de raison de rester tant sur la défensive. Sans raison concrète, une intuition, une sensation. Chose inexpliquée, et inexplicable. Tout comme ces regards qui subsistent et demeurent dans le silence.
N'est-ce pas ainsi qu'on reconnait une personne spéciale? Lorsqu'on peut partager ensemble un silence agréable.
Mais selon June, le silence n'était pas simplement dû à cette rencontre qui laissait flotter une ambiance étrange dans l'air. Non, il y avait aussi cette part d'étonnement et de fascination. Une personne se tenait face à elle, là, bougeait, respirait, Vivait sans avoir été mort avant. Et ne voulait peut être pas la tuer tout de suite comme les brutes qui ne font que se piller les uns et les autres. Ouais, elle fait partie de ces gens là, peut être par dépit et résignation, elle ne le sait pas trop elle-même. Ce qu'elle sait, c'est que c'est grâce à cela qu'elle est vivante aujourd'hui, et elle ne peut qu'éprouver de la gratitude et une forme d'affection envers ces gens qui l'ont protégée et éduquée selon cette loi, celle du plus fort. Elle est bien loin de douter de ces valeurs; pour elle, l'humanité a crevé avec tout ces morts qui déambulent dans les rues à l'affût de chair.

Prise de conscience. Réalité. Il secoue la tête, semblant sortir de ses rêveries, lui aussi. Son regard se détourne vers le sol, puis dans son dos. Ah, c'est vrai... La balle. Il appuie son T-shirt ensanglanté sur la blessure, et à l'expression de son visage, c'est loin d'être agréable. June ne bouge pas, elle regarde, presque impassible. Presque. Il décolle le tissu, et ne tarde pas à enfouir son doigt dans la plaie pour en sortir le bout de fer. Elle grimace légèrement, non pas à la vue du sang mais à celle du visage élégamment crispé sous la douleur de l'homme. Elle n'ose prononcer un mot, le bout de ferraille venant cingler le sol.

Ses gestes se font alors rapides, précis. Il semble savoir ce qu'il fait, alors qu'ils sont murés dans le silence depuis un moment. Elle le dévisage sans doute comme une enfant qui en découvre un autre; elle peut paraître bizarre, elle s'en fiche pas mal. Sans qu'elle ne s'y attende vraiment, il entrouvrit à nouveau les lèvres, et parla. Quelques mots, clairs, une phrase banale. Pourtant elle résonne dans ses oreilles, après ces minutes à ne rien écouter d'autre que la brise. June affiche un sourire, ce sourire qui veut dire "ouais, t'as ciblé".

« - Ouais, j'suis jamais venue par ici... Et toi, t'es là depuis longtemps si j'comprends bien? »

Le vent s’immisce à travers ses vêtements humides; il n'est pas froid, mais suffit à la faire frissonner. La balle ensanglantée roule au sol, et passe près de ses jambes. Sa main s'approche, elle coince le bout de métal entre ses doigts et l'y fait jouer, délicatement. Le liquide pourpre teint quelque peu sa peau, mais qu'importe? Puisque rien n'avait plus d'importance réelle. Puisque même les échanges entre les gens sont aujourd'hui minimalistes, puisque à l'instant même, ils venaient d'échanger les mots les plus simples qui soient. Des questions inutiles alors que tant d'autres lui brûlent les lèvres. Qui est-il, d'où vient-il? Non, c'est trop... Concret. Autre chose lui demande de rester, sans qu'elle ne sache quoi. L'instinct? Allons, être intriguée à ce point par quelqu'un ne lui était pas arrivé depuis longtemps. Était-ce même déjà arrivé?
Elle relève ses yeux qui avaient dérivé au sol, s'étant égarés là comme elle s'était perdue dans ses questionnements. La jeune femme cherche à nouveau son regard, qui la retiendrait là, bien ancrée sur le toit de ce bâtiment, face à lui.

X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X



"When the feeling's gone and you can't go on,
When the morning cries and you don't know why,
When you lost control and you got no soul...
"
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MessageSujet: Re: You have Wings - [PV June & libre...   Mar 1 Mai - 20:36



    Qu'a-t-il à attendre ? Que peut-il espérer ? Aussi loin qu'il s'en souvienne, jamais cette impression de vide ne s'était révélée si grande. Peut être était-ce le fait de ne plus être totalement seul face à ces créatures ? Ou face à ces hommes devenus monstres, pourris de l'intérieur. Pouvait-on, encore, les qualifier d'humains ? Rien n'était moins sûr. L'homme n'était-il pas quelqu'un de bon ? Exprimant des sentiments autres que la haine ou encore la colère. Capable d'aimer autant que de haïr. A priori non. Alors que cette femme face à lui, cette jeune fille, démentait toutes ses théories sur l'homme. L'homme de ce nouveau monde. Il la regarde, elle en fait de même. Dans le silence. Silence doux-amer. Doux dans sa naissance, agréable à écouter, tendre à savourer. Amer, amer, oui amer, car sous chaque silence se cache quelque chose d'autre. Quelque chose d'inconnu, de nouveau, dont on ne sait rien. Belle demoiselle brune aux yeux noisettes, laisse le silence planer, encore un peu. Tu ne peux savoir combien Seven aime cet instant, même s'il n'en montre rien. Comment savoir si apprécie quelque chose ? Excellente interrogation. A toujours avoir le sourire aux lèvres, même dans les pires moments, on fini par oublier ce qu'est le vrai bonheur. Mais, peut-être n'est-il pas trop tard. Peut-être. Elle lui répond alors. Il avait raison. Il le savait, cela ne le surprend même pas. Instinct ? Non c'est plus du "savoir". Savoir se faire discret et observer. Connaître chaque recoin de cette ville, chaque lieu, chaque ruelle, chaque dédales, chaque nouveau(elle) venu(e). Bien sûr, il ne lui vient même pas à l'idée qu'elle serait peut-être en solo, perdue, ayant besoin d'aide. Il ne penserait même pas à lui proposer de l'aide. Il est ainsi Seven. Pas méchant, simplement unique. Un peu perturbé. Son esprit n'est désormais plus conçu pour prévoir les choses. Il est plus... Concret ?


« Sûrement. »

    Il est honnête. Sincère. 'Sûrement' exprime juste le doute, l'incompréhension, sur un ton désinvolte, légèrement bas. Sourire. Grand sourire. Confiant et engageant. Encore une fois. Elle a cherché son regard, il ne lui a pas fallut longtemps pour le trouver. Il est là. A la fixer. Elle peut tourner la tête, regarder ailleurs, lui ne bougera pas. C'est à peine s'il cligne des paupières. Un peu déconnecté du monde. Déconcertant. Surprenant. Il rit alors. Un rire ressemblant étrangement à celui d'un enfant. Un rire qui s'élève crescendo dans le ciel. Nerveux ? Oh non. Juste une envie de se moquer, de lui-même. Pauvre petit amnésique sans famille. C'est drôle. Amusant. Hilarant. S'en est comique, à force d'être tragique. Ses yeux se ferment légèrement, son visage se lève vers le ciel tandis que ses derniers éclats de rire se dissipent lentement. Et c'est devenu sérieux qu'il se met à fixer la balle située dans les mains de la demoiselle. Retour à la réalité. C'est douloureux. Sa blessure, je veux dire. Elle le tire. Il agite doucement les épaules et.. Sourit. Plus de silence.


« Longtemps... Peut être. Je crois que le temps s'est un peu arrêté. »

    L'air. Fragile. Il vient le chatouiller. Le faire frissonner à son tour. Il porte lentement l'ongle de son pouce à sa bouche et le serre entre ses incisives. Il n'aime pas se sentir vulnérable. Il n'aime pas se sentir humain. Il n'aime pas être humain. Il voudrait être un oiseau. Ou ne pas être mortel dans ce monde-là. Les zombies ne l'effraient pas plus que la mort, simplement, son corps est trop fragile pour qu'il puisse vivre comme il l'entend. Enveloppe charnelle saignante, déchirée, abimée. L'éternité, c'est long. Et après ? C'est bien plus amusant ! Silence. Il garde ses yeux bien fixent. Immobilité totale. Son regard ne sourcille pas. Il n'hésite pas. Il a trouvé où se fixer. Sur les lèvres de la demoiselle. Elles lui rappellent quelque chose. Quelqu'un. Qui ? Allez savoir. Il laisse retomber sa main sur son genou et adresse un immense sourire à la jolie brune. Le temps s'est arrêté. Ouais, le temps n'a plus d'emprise sur lui. Sur eux. Dans vingt ans, ils seront tous morts et l'humanité ne sera plus. Alors, pourquoi s'en faire ? Il n'y a pas d'avenir, lui n'a plus de passer. Croque la vie. Bouffe la. Dévore l'instant présent. Respire. Inspiration, expiration. Silence.


« Tu as de jolies lèvres. J'imagine que tu as un surnom ? »

    Compliment futile qui pourtant lui tient à coeur. Evoquer un prénom ne lui effleure même pas l'esprit -à croire que rien (pas grand-chose) ne s'y passe, ce qui, vous le comprenez, est totalement stupide et faux-. Lui n'a qu'un surnom, il n'y a aucune raison pour que ça soit différent pour les autres. Au contraire. Être libre comme eux implique une nouvelle vie : possibilité de changer. D'oublier qui on était. De recommencer à zéro. De devenir quelqu'un d'autre. Mais qui était Seven ? Nous ne le saurons jamais. Alors, il pose son regard sur l'arme de la demoiselle. Arme ? Il comprend alors, subitement, comme foudroyé par le savoir, que c'est ce genre d'arme qui lui a collé une balle, quelques instants auparavant. Il sait que ce n'est pas elle, aussi ne manifeste rien de plus que son magnifique sourire, néanmoins, il fixe désormais l'arme d'un oeil nouveau. Un regard assez indéchiffrable. Mélange subtile de colère, de curiosité, de découverte et d'étonnement. Sans oublier, une bonne dose de... Joie ? (Indice: la même tête que sur ma signature)

X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X


Il est consolant de penser que si la folie ne gagne rien au contact de la raison, en revanche, la raison s'altère au contact de la folie. “ I mean he’s sensitive, people bully him, too, and he feels lonely and hasn’t got anybody to talk to, and he’s not afraid to show his feelings and cry! ”
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June

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MessageSujet: Re: You have Wings - [PV June & libre...   Lun 7 Mai - 23:07

Ses yeux semblent se perdre sur chaque point qu'ils abordent. Les pensées fusent visiblement dans sa tête. June garde un silence presque solennel en attendant ses mots, elle qui est habituellement si peu discrète. La voilà à contempler ce blondinet dans ses songeries. Un mot, un seul. Une nouvelle absence, comme partagée. Finalement tous les survivants sont dans un état psychique similaire, n'est-ce pas? L'incompréhension, le doute, l'étonnement de trouver la vie. Le malaise. Mais s'étonnait-elle vraiment? Ah, et ces deux pierreries qui la fixent, là, enfoncés dans les globes oculaires de ce type! Rien de plus oppressant et plaisant à la fois. Ouais, ce regard lui plaît, elle le sent la dévorer de l'intérieur et à la fois se heurter à ce silence qui fait vivre le mystère qui plane. Et ça lui plait. Effrayant, excitant, tant de choses à la fois. La brune détourne les yeux, un instant; le rire raisonne. Un rire...?
Incompréhension. Intrigue. Pourquoi? Elle esquisse un sourire sans réellement suivre cet éclat enfantin, qui se transforme alors que son visage est tourné vers le ciel en un air sérieux. Ses épaules gigotent, et ses lèvres s'étirent toujours sur son visage. La peau déchirée dans son dos doit lui être douloureuse. Il parle. Encore.

Le temps, une valeur bien subjective, n'est-ce pas? Il semble l'avoir évoqué pour ajouter du contenu à ses paroles, pourtant cela parait réfléchi, longuement, lourdement, comme le dénouement d'une pensée profonde. Elle a juste hoché la tête. Le temps ne s'est pas arrêté; on a juste arrêté de le compter. Parce que ça ne sert plus à rien, parce qu'auparavant on s'entêtait à tout compter, alors qu'ici, nul besoin d'heure. Le seul besoin c'est de courir avant que le décompte ne nous passe dessus. La hantise, ce n'est plus le temps, c'est la Mort, qui traîne partout, sous chaque voiture retournée, derrière tous les panneaux et après chaque coin de rue.
La brise avait secoué son petits corps, et focalisé à nouveau ses idées sur le garçon posté face à lui. Ces deux billes d'azur restent fixes. Sur sa bouche. Elle sourit, par réflexe, par amusement. Parce que ça a toujours été sa première réaction, quoi qu'il arrive, quoi qu'il se passe, elle souriait. Et elle sourit.

« Tu as de jolies lèvres. J'imagine que tu as un surnom ? »

Un surnom? Elle n'avait jamais saisi cette idée de se re-nommer soi-même. Enfin, pourquoi pas? Cette apocalypse permettait sans aucun doute le changement, et certains se devaient de l'affirmer par une identité nouvelle, qui cependant ne serait pas gérée par des bouts de plastiques tamponnés par on-ne-sait qu'elle maire, signé d'on-ne-sait quel cachet. Qu'importe. June, avait préféré gardé son prénom d'origine pour seule identité. Pourquoi changer? Pourquoi le garder? Pour le souvenir, sans doute. Par nostalgie, ou par honneur pour ses parents, qu'importe, elle n'y avait pas vraiment réfléchi. Machinalement, elle s'était toujours présentée sous son prénom, et son nom de famille devenait secondaire, voire tertiaire, voire oublié.

« June. »

Ses yeux glissent encore, cette fois sur le fusil d'assaut posé sur son épaule. Et ces prunelles prennent une teinte encore plus étrange. Une arme similaire à celle-ci l'avait heurté, quelques minutes plus tôt. La jeune femme mit un temps pour analyser ce regard, et comprit, finalement, comment agir. S'il s'était attardé sur ce détail, c'est qu'il avait forcément pensé à la balle qui s'était logée dans son omoplate. Avec une certaine douceur qui est loin de lui être propre -et cela se sent bien- elle dépose l'arme à feu au sol, comme pour dire "je ne te veux pas de mal tant que tu ne m'en veux pas.".

« Et toi, t'as un prénom? »

Et elle enchaîne, comme si de rien n'était. Comme si ce détail avait été futile, alors qu'il avait compté, comme chaque seconde qui construit une rencontre. Et elle continue sur une nuance, du surnom au prénom. Selon elle, l'identité réelle réside là, mais peut-être qu'elle se trompe? Peu importe. La brunette ne voulait pas de surnom inventé de toute pièce, peu objectif et artificiel. Elle aurait aimé entendre un prénom, un vrai prénom que quelqu'un a assigné à cet être aux yeux si prenants. Quoi, elle ne l'entendrait sans doute jamais? Certes, mais qu'importe, elle, ne le sait pas, et légèrement naïve, elle se doit de le croire.

Une main se perd dans ses cheveux bruns humides, jouant avec des mèches pour occuper ses doigts, alors que l'autre main serre fort le bout de métal ensanglanté contre sa paume. Ses iris ambrés ne le quittent pas, trahissant intrigue, méfiance, interrogations, aisance. Paradoxe.

X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X



"When the feeling's gone and you can't go on,
When the morning cries and you don't know why,
When you lost control and you got no soul...
"
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